Santé auditive : les open spaces trop bruyants

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Date(s)

du 19 octobre 2018 au 1 juin 2019

La Semaine de la santé auditive au travail se termine ce vendredi 19 octobre 2018. Le Pr Laurent Laccourreye, chef du service ORL au CHU d'Angers, livre ses recommandations pour limiter l’exposition au bruit notamment en open-space.

Les nuisances sonores ne concernent pas uniquement l'industrie. Tous les secteurs professionnels sont concernés, même le secteur tertiaire où les open-spaces sont devenus légions. 

" En mettant les gens dans le même espace de travail et en multipliant les outils (imprimantes, ordinateurs, téléphones ...), le niveau sonore augmente. Le bruit est épuisant. Ces sons qui manquent d'harmonie sont gênants, irritants, fatigants. Or, des normes existent : le niveau sonore d’un open-space ne devrait pas dépasser 50 à 55 décibels ", explique le Pr Laurent Laccoureye, décibelomètre en main, via une application sur son smartphone.

La prévention et l’aménagement des espaces ouverts de travail sont donc primordiaux.

Bruit dans la journée = sommeil troublé

" Les gens ne consultent pas pour une gêne sonore. Ils viennent lorsqu'ils constatent une perte d'audition. La presbyacousie est normale et liée à l'âge. Mais l'audition baissera plus vite si la personne est exposée au bruit."

Avec des effets sur sa santé : " Fatigue liée à une concentration accrue, modification de la tension artérielle et du rythme cardiaque, irritabilité, nervosité, stress."

Autre effet moins connu : les troubles du sommeil. "On sait désormais que l'exposition au bruit pendant la journée modifie le sommeil en raccourcissant les phases de sommeil paradoxal mais aussi lent et profond pendant lesquels on récupère."

Casser la réverbération sonore, une priorité

Dans le tertiaire : la priorité est donc de limiter l'élévation sonore. "Il faut casser la réverbération du son, de simples cloisons de papier suffisent ou des murs non lisses. Cela passe aussi par la création de salles de réunion isolées ou de bulles pour converser par téléphone. La pollution sonore est ainsi limitée et l’entourage professionnel préservé ", conseille le praticien hospitalier. "Un avertisseur lumineux peut également être installé dans la pièce. Il notifie immédiatement l’élévation du niveau sonore et permet de réguler rapidement le bruit dans une pièce."

Quant aux écouteurs pour la musique – ou les casques – se sont de mauvais amis.

" La personne va s'isoler et va contrecarrer le niveau sonore extérieur en augmentant celui de sa musique. Ce n'est pas la solution." Reste les bouchons d'oreille. Sans isoler son porteur, ils réduisent jusqu'à une trentaine de décibels et préservent vos oreilles !


Le Pr Laurent Laccourreye, chef du service ORL, au CHU d'Angers et expert auprès de l'association JNA.
Publié le 19 octobre 2018