Date(s)

le 17 mars 2026

Ce lundi 16 mars, le CHU d’Angers a accueilli le lancement national de l’expérimentation ADELE (Aidants dans les Étapes de l’Évolution du parcours), au sein du service de gériatrie. À cette occasion, étaient réunis les représentants du CHU d’Angers, porteur du projet, de la société Monka (co-porteur), du CHU de Tours, des DAC 49 et 37, de la Caisse nationale de l’Assurance Maladie (CNAM), des équipes Article 51, des cabinets évaluateurs (GovHe et ARGOSanté), ainsi que de l’ARS Pays de la Loire.



Une expérimentation déployée en Anjou et en Touraine

Déployée à titre expérimental pendant deux ans en Anjou et en Touraine, ADELE s’inscrit dans une approche innovante qui considère la dyade aidant–aidé comme une composante essentielle du parcours de soins.

L’objectif est de mieux soutenir les aidants, de prévenir leurs fragilités et leur épuisement, tout en contribuant à sécuriser le maintien à domicile des personnes accompagnées et la continuité de leur prise en charge.

Un contexte de transformation des parcours de soins

Le projet ADELE s’inscrit dans un contexte marqué par le vieillissement de la population et l’augmentation des situations de dépendance, qui rendent les parcours de soins plus complexes.

Les transitions entre l’hôpital et le retour à domicile constituent des moments particulièrement sensibles, au cours desquels peuvent survenir des ruptures de parcours ou des réhospitalisations évitables.
Dans ces situations, les aidants jouent un rôle déterminant. Pourtant, leur repérage reste encore insuffisant, et leur situation demeure peu intégrée dans l’organisation des parcours de soins.

Un repérage précoce des aidants dès l’hôpital

Le dispositif ADELE repose sur un repérage systématique des aidants à l’hôpital, en amont de la sortie d’hospitalisation.

Les équipes hospitalières des CHU d’Angers et de Tours s’appuient sur une application dédiée, MyMonka, développée par la société Monka, permettant de réaliser une évaluation standardisée du niveau de vulnérabilité de l’aidant.

Cette évaluation permet d’orienter chaque aidant vers un parcours d’accompagnement adapté, en lien avec les ressources du territoire.

Un accompagnement gradué et coordonné

Le dispositif ADELE propose un accompagnement modulé selon le niveau de vulnérabilité de l’aidant.
  1. Pour les aidants non ou peu vulnérables, l’accompagnement repose principalement sur l’application numérique, qui permet de proposer un plan d’actions personnalisé, d’accéder à des ressources adaptées et d’assurer un suivi régulier.
  2. Lorsqu’une vulnérabilité est identifiée, un accompagnement renforcé est mis en place, avec l’appui d’une infirmière de coordination (IDEC), chargée d’évaluer les besoins, de faciliter les démarches et de coordonner les acteurs du territoire, notamment les DAC, les services d’aide à domicile ou les CPTS.
  3. Si la situation le nécessite, l’accompagnement peut être prolongé et renforcé.

Des parcours évolutifs centrés sur la dyade aidant–aidé

Les parcours proposés dans ADELE sont évolutifs et tiennent compte de l’interaction constante entre la situation de l’aidant et celle de la personne accompagnée.
Le dispositif repose sur l’hypothèse que la fragilisation de l’aidant peut impacter directement la stabilité du patient à domicile, et inversement.

L’enjeu est donc d’anticiper les situations de déséquilibre, de soutenir les aidants dans leur rôle et de prévenir les ruptures de parcours, tout en renforçant la cohérence des interventions autour d’un projet partagé.

Une expérimentation nationale au service de l’innovation en santé

Cette expérimentation, financée dans le cadre de l’article 51, vise à évaluer la faisabilité du dispositif, son intérêt organisationnel et son impact potentiel sur la prévention de l’épuisement des aidants, la continuité des parcours et la coordination des acteurs.

Elle prévoit l’inclusion d’environ 800 aidants sur les deux territoires expérimentateurs.
Publié le 17 mars 2026 Mis à jour le 17 mars 2026