Foire Aux Questions (FAQ)

Vous êtes ici : accueil recherche et innovation en santé Hycovid Foire Aux Questions (FAQ)

Réponses aux questions les plus posées par les internautes.

faq-covid

Plusieurs raisons à cela.

Premièrement,une étude scientifique ne doit pas sauter des étapes. En l’occurrence, Hycovid s’est intéressée à la première étape du travail du Pr Raoult, qui avançait que dans la Covid-19 l’hydroxychloroquine seule était efficace au regard du critère de diminution de la durée d’excrétion du virus. L’étude Hycovid  visait à montrer si oui non ce médicament était actif sur des critères cliniques (diminution du risque de décès ou d’aggravation respiratoire).

Deuxièmement, l’hydroxychloroquine et l’azithromycine sont, à des degrés divers, toxiques pour le cœur. L’association de ces deux molécules présente donc un risque élevé de toxicité cardiaque. Il y avait peu de recherches sur cette association, en particulier chez les sujets âgés, qui constituaient une partie importante des patients visés par l’étude. Il convenait d’abord de confirmer ou d’infirmer l’efficacité de l'hydroxychloroquine et son innocuité chez les patients atteints de covid19 avant de s’engager dans un protocole de recherche associant les 2 molécules.

Il faut cependant noter que les patients recevant de l’azithromycine ont pu être inclus dans l’étude Hycovid, non pas en raison du protocole, mais parce que leur traitement initial comportait de l’azithromycine . Ils ont été automatiquement répartis de manière homogène entre les deux groupes de patients de l’étude (placebo ou l’hydroxychloroquine), afin d’analyser le bénéfice supplémentaire de cet antibiotique. Bien entendu, ces patients ont fait l’objet d’une surveillance cardiaque très attentive.

Les deux études sont complémentaires, car elles ne répondent pas aux mêmes questions.

L’étude Hycovids’est intéressée à des patients atteints de formes moins sévères, sur lesquels les traitements avaient davantage de chance de fonctionner. L’étude Discovery, qui a testé en réalité l’efficacité de plusieurs médicaments, était par ailleurs une étude dite « en ouvert ». Cela signifie que le patient et le médecin étaient au courant du traitement reçu. À l’inverse, Hycovid était une étude en « double aveugle » dans laquelle donc le médecin et le patient ignoraient si ce dernier avec reçu l’hydroxychloroquine ou son placebo. Ainsi, aucun biais de perception possible chez les patients, aucun biais d’a priori non plus chez les praticiens et soignants qui ont administré le médicament.

L’étude Hycovid a été entourée de toutes les assurances éthiques et a été menée dans le plus grand respect des patients qui ont accepté d’être inclus au protocole. Les patients du groupe placebo, tout comme les patients qui ont reçu l’hydroxychloroquine, ont également reçu tous les traitements  alors préconisés pour la prise en charge du Covid-19, comprenant notamment de l’oxygène, des anticoagulants et des antibiotiques. Tous les patients de l’étude ont bénéficié d’un suivi extrêmement rigoureux.

L’étude du Pr Raoult semblait démontrer une diminution de la quantité de virus présente dans les cavités nasales des patients ayant reçu de l’hydroxychloroquine. En revanche, elle ne permettait pas de mettre en évidence une amélioration de l’état de santé des patients atteints du Covid-19. Aucun traitement n’avait  jusqu’à   à l’époque) démontré une efficacité clinique dans le Covid-19. C’est pourquoi les études contre placebo étaient possibles et souhaitables dans cette maladie.

Si un médecin  estimait devoir administrer de l’hydroxychloroquine à un patient, il  était bien évident que son avis médical prévalait. Dans ce cas, le patient n’était pas inclus dans les résultats de l’étude.

Une des particularités de l’étude Hycovid  a été d’inclure des patients âgés de 75 ans et plus présentant des formes non graves de Covid-19, n’appelant pas un recours à l’oxygène, mais avec un risque important d'aggravation. Les patients majeurs, de tout âge, présentant une atteinte pulmonaire non grave  ont également pu participer à l’étude. Dans les deux cas, le traitement  a démarré très rapidement, dans les 48 heures suivant le diagnostic.

L’étude Hycovid n’ incluait pas de patients jeunes et sans signes d’atteinte pulmonaire ou sans signes de comorbidité, car leur risque de déclarer une forme grave de Covid-19  était très faible. La probabilité que leur état s’améliore par un traitement, quel qu’il soit, était donc très faible.

La posologie adoptée était celle recommandée par des modèles pharmacocinétiques, et notamment par l’étude PK/PD publiée ici. Elle démontrait que ce dosage d’hydroxychloroquine permettait d’obtenir des concentrations efficaces dans les poumons, tout en minimisant son risque de toxicité.

Pour rappel, il s’agissait d’une étude dite « à 2 bras » et en double aveugle (un groupe de patients recevant la molécule versus un groupe de patients recevant le placebo). Cette méthodologie simple est reconnue comme étant l'une des plus scientifiquement indiscutable. Les résultats étaient effectivement attendus beaucoup plus rapidement au lancement de l’étude. Des inclusions de patients, rapides et nombreuses, pouvaient être attendues au regard de l’évolution de l’épidémie début avril. Or, le ralentissement épidémique dans les semaines qui ont suivi a limité drastiquement les inclusions de patients dans les études portant sur la Covid, retardant d’autant les résultats de l’étude. Ces pourquoi, les résultats d’Hycovid sont arrivés plus tardivement qu’initialement espérés, à l’instar des autres études. Ils sont consultables depuis le 20 octobre ici.

Les investigateurs de l’étude Hycovid ont suivi de manière extrêmement précise et rigoureuse les patients ayant reçu des traitements pouvant augmenter la toxicité cardiovasculaire de l’hydroxychloroquine. Plus globalement, une étude pharmacocinétique  a été réalisée dans le cadre de Hycovid  pour mieux comprendre les interactions entre l’hydroxychloroquine et les autres médicaments. Mais le nombre peu élevé d’inclusions ne permet pas son analyse.

L’étude Hycovid est une étude dite « en double aveugle » garantissant la totale objectivité des résultats ; ni le médecin ni le patient ne savaient si ce dernier avait reçu le placébo ou la chloroquine. Tous les 50 patients, les résultats intermédiaires étaient analysés par un Comité de surveillance indépendant. Il pouvait alors évaluer l’intérêt et les risques de la poursuite de l’étude alors même que les médecins chercheurs responsables de l’étude au CHU d’Angers ne connaissaient pas les résultats intermédiaires. Avec ces résultats intermédiaires, seul ce comité connaissait les premières tendances.

Une consigne nationale venant de l’Agence nationale de surveillance du médicament (ANSM) a imposé que toutes les études faisant appel à l’hydroxichloroquine soient temporairement interrompues au regard des potentiels risques de cette molécule. Soucieux de respecter les consignes nationales, le CHU a bien entendu suspendu dès le 26 mai toutes nouvelles inclusions.

Au CHU d’Angers, l’inclusion de patients à l’étude hycovid a toujours été entourée de toutes les précautions médicales qui s’imposaient pour garantir la sécurité des patients. Répondant aux directives nationales et par principe de précaution, le CHU d’Angers a donc suspendu temporairement les inclusions d’Hycovid dès le 26 mai.

L’ANSM a analysé les premiers résultats de l’étude Hycovid, comme celles des autres études faisant appel à l’hydroxychloroquine. Elle a déterminé , à l’issue de ces analyses, si les études devaient se poursuivre ou non.

Concernant Hycovid, et pour garantir la sécurité des patients, un Conseil de surveillance indépendant de l’étude a réalisé un bilan régulier des résultats. Ceux-ci ont été examinés tous les 50 patients. C’est sur la base de ces bilans intermédiaires que le Conseil de surveillance - qui était le seul à connaitre les résultats - a autorisé les chercheurs à poursuivre l’étude. Lors du dernier bilan, ce comité a confirmé aux chercheurs Hycovid que l’étude devait se poursuivre sans réserve. Ce qui a conforté notre assurance quant à la sécurité des patients inclus.

Il est en effet important de rappeler que les critères d’inclusion des patients dans l’étude Hycovid excluaient les patients à risques cardiovasculaires accrus. Cette restriction visait précisément à protéger les patients. Ces derniers ont bénéficié d’un suivi médical renforcé, notamment sur le plan cardiovasculaire. L’ANSM a pu donner son accord pour la reprise de l’étude, considérant l’absence de risques accrus pour les patients.